RSF appelle à la libération de la journaliste chinoise Zhang Zhan, en danger de mort, à l'occasion du premier anniversaire de sa condamnation

Ce mardi 28 décembre marque le premier anniversaire de la condamnation de Zhang Zhan, une journaliste chinoise qui avait couvert les premiers jours de la pandémie de Covid-19 dans la ville de Wuhan. Elle a été condamnée l’an dernier à quatre ans de prison par le tribunal du nouveau district de Pudong à Shanghaï pour avoir prétendument « attisé des querelles et provoqué des troubles ». Zhang Zhan, 38 ans, risque de mourir en raison d’une grève de la faim partielle qu’elle mène pour protester de son innocence. En novembre, la dernière fois que sa famille a été autorisée à lui rendre visite, la journaliste, qui mesure 1m77, pesait à peine 40 kg. Elle ne peut désormais plus se déplacer, ni même lever la tête, sans assistance.

« Zhang Zhan a courageusement risqué sa vie en se rendant à Wuhan pour enquêter, alors que très peu d’informations étaient disponibles sur le mode de transmission et la gravité du Covid-19 ; elle aurait dû être célébrée en héroïne au lieu d’être mise en prison », insiste le directeur du bureau Asie de l’Est de RSF, Cédric Alviani, qui appelle la communauté internationale à intensifier la pression sur le régime chinois pour « qu’il libère Zhang Zhan pour raisons médicales avant qu’il ne soit trop tard. » 

Dans une lettre commune publiée le 17 septembre 2021, RSF et une coalition de 44 ONG de défense des droits humains ont appelé le président chinois Xi Jinping à innocenter et libérer Zhang Zhan. Comme Zhang Zhan, au moins 10 autres défenseurs de la liberté de la presse détenus en Chine sont en danger de mort, dont Huang Qi, journaliste d’investigation et lauréat du Prix RSF de la liberté de la presse, l’éditeur suédois Gui Minhai et Ilham Tohti, journaliste ouïghour et lauréat des Prix Václav Havel et Sakharov.

Kunchok Jinpa, une source d’information importante sur le Tibet pour les journalistes, est mort en février 2021, victime de mauvais traitements en détention. Liu Xiaobo, lauréat des Prix Nobel de la paix et du Prix RSF de la liberté de la presse, et Yang Tongyan, blogueur dissident, sont tous deux morts en 2017 d’un cancer non traité lors de leur détention.

Dans son nouveau rapport d’investigation, Le grand bond en arrière du journalisme en Chine, RSF révèle la campagne de répression sans précédent menée ces dernières années par le régime chinois contre le journalisme et le droit à l’information dans le monde entier.

La Chine est la plus grande prison au monde pour les journalistes avec au moins 126 détenus et stagne au 177e rang sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2021.

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